Géorgie, berceau du vin

Notre séjour du 5 au 25 septembre 2018

Berceau historique du vin

La Géorgie ou Sakartvelo. Nous en avons tellement entendu parler et ça y est, nous y sommes enfin.

C’est ici, en Kakhétie, que notre quête de savoir sur la vigne et le vin va se poursuivre durant plusieurs semaines. En effet, les chercheurs ont établi que les premières vignes auraient été cultivées et le premier vin élaboré au sud du Grand Caucase à une période comprise entre 6000 et 8000 ans avant J.-C., des pépins de raisin de cette même époque ayant été retrouvés à plusieurs endroits du pays. Tous appartiennent à l’espèce Vitis Vinifera, nom latin de la vigne destinée à la fabrication de vin.

La plus ancienne jarre à vin (datant de 5000 à 6000 ans av. J.-C.), appelée qvevri, décorée de grappes de raisin, a également été mise au jour.

Les voyageurs, tels que Marco Polo sur la route de la soie, ont toujours été fascinés par le nombre important de vignes et de vins géorgiens. De fait, la richesse des sols et la grande variété de climats de la Géorgie ont favorisé la viticulture et ont permis de créer une multitude de raisins, 500 cépages autochtones ayant été recensés.

Les Géorgiens sont fiers de leur vin. La vigne est partout, sur les façades des maisons, dans les jardins. Plus qu’une tradition, le vin fait l’objet d’un véritable culte ancestral.

Depuis plusieurs millénaires, les Géorgiens utilisent une technique de vinification basée sur la fermentation et l’élevage du moût dans des qvevri, grandes jarres en argile enterrées.

Ruispiri Biodynamic Vineyard

Curieux de découvrir cette technique et d’en apprendre davantage sur les vins géorgiens, nous nous sommes rendus au seul et unique domaine en biodynamie de Géorgie, Ruispiri Biodyamic Vineyard, situé, comme son nom l’indique, dans le village de Ruispiri, à quelques kilomètres de Telavi en Kakhétie, la région viticole par excellence.

Nous y avons rencontré Giorgi Aladashvili, vigneron ambitieux de 36 ans, à la tête d’un vignoble de 40 hectares dont les parcelles sont réparties sur plusieurs communes des environs.

Giorgi, tourné vers la nature et conscient des enjeux sanitaires et environnementaux, a choisi d’adopter une démarche biodynamique, autrement dit, sans aucune utilisation de produits chimiques et de la manière la plus naturelle possible, en accompagnant simplement la vigne lorsque cela est nécessaire.

Pour parfaire ses connaissances techniques, il est allé se former en Suisse et en France auprès de grands noms de la biodynamie tels que Nicolas Joly établi dans le Maine-et-Loire ou encore chez Marie-Thérèse Chappaz, vigneronne du Valais.

En Kakhétie, la plupart des familles géorgiennes produisent leur propre vin. Giorgi a lui-aussi hérité de cette tradition puisque son grand-père possédait déjà des vignes. Depuis 2010, il travaille avec différents cépages autochtones tels que le Saperavi (rouge) ou le Rkhatsiteli (blanc), mais aussi avec des cépages importés de Suisse comme la Malvoisie ou le Pinot gris.

Au cours de notre séjour à Ruispiri, nous avons eu l’occasion de participer aux vendanges et d’assister Giorgi et son chef de caves, Ucha, dans les différentes étapes de la vinification dans un marani (chai) géorgien.

Pour Giorgi, l’utilisation des qvevris pour la fermentation et l’élevage de ses vins est évidente : d’abord parce qu’elle est en parfaite adéquation avec la viticulture biodynamique, ensuite, parce le qvevri procure une vraie identité et un caractère sans pareil aux vins et enfin, parce qu’elle permet de faire perdurer une tradition géorgienne ancestrale.

Autrefois très développé dans le pays, le savoir-faire potier a aujourd’hui pratiquement disparu et seuls quelques artisans réalisent encore de grandes jarres de qualité. Depuis 2013, la méthode géorgienne de vinification dans les qvevris traditionnels a été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le travail en qvevri est très exigeant et requiert une certaine expérience. En effet, une fois les raisins pressés et transférés dans les jarres, il faudra constamment remuer le moût et veiller au bon déroulement de la fermentation. Giorgi est si attentionné qu’il dort à côté de ses qvevris !

Mais ses efforts sont payants : les vins de qvevri offrent des arômes et des émotions uniques. Un délice !

Pour célébrer la fin des vendanges, les Géorgiens ont coutume d’organiser un grand banquet appelé Rtveli. Giorgi n’a pas dérogé à cette tradition : cochon à la broche, pain cuit au four traditionnel, Katchapouri et bien d’autres spécialités sans oublier l’excellent vin, le tout au son des polyphonies géorgiennes ! Tout le monde a mis la main à la pâte et la soirée s’est achevée sur une séance initiatique de foulage au pied du raisin ! Un grand moment et de jolis fous rires !

De notre séjour, nous retiendrons évidemment la grande hospitalité des Géorgiens, en particulier de Giorgi et de son équipe avec qui nous avons partagé le quotidien du domaine et appris énormément de choses sur le vin géorgien. Nous n’en espérions pas tant ! Une expérience unique dans une région magnifique que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

La Kakhétie

Tbilissi

Capitale de la Géorgie depuis le Ve siècle, d’abord perse puis russe, la ville de Tbilissi est bordée de montagnes et s’étend sur les deux rives de la rivière Mtkvari. Une légende raconte que c’est le roi Vakhtang I Gorgasali, venant chasser dans cette région autrefois densément boisée, qui aurait fait raser la forêt pour ériger la ville, impressionné par la richesse de ses sources d’eau chaude ; le terme tbili signifie « chaud » en géorgien.

Aujourd’hui encore, on peut venir profiter des bienfaits de l’eau sulfurée des bains thermaux coiffés de leurs charmants petits dômes en brique dans le quartier pittoresque Abanotubani. (photos)

Tarifs : entre 50 et 90 GEL (20 à 30€) selon le type de bain et la prestation choisie.

Tbilissi est une ville qui se découvre à pied. On aime flâner dans ses étroites ruelles à la découverte de ses églises et de ses coquettes boutiques. Il est cependant très facile de se déplacer en bus et en métro, le réseau de transport en commun y étant très bien développé. À ne pas manquer, la montée en funiculaire jusqu’à la forteresse de Narikala qui offre un panorama exceptionnel sur la ville et ses monuments. À la nuit tombée, la cité géorgienne revêt un tout autre visage se parant de mille couleurs avec des jeux de lumières ultramodernes à l’instar du pont de la paix à l’architecture futuriste.

Se restaurer & boire un verre

Pasanauri, Griboedov st 37, Tbilissi 0108 (métro Rustaveli)

Restaurant à la décoration chaleureuse, il propose une carte variée (et en anglais) de plats typiquement géorgiens tels que les Kinkhali, délicieux raviolis fourrés de différents ingrédients ou encore le Khatchapouri, pâte à pain farcie d’un fromage au lait de vache. Prix très corrects.

In Vino Underground, 15 Galaktion Tabidze Street, Tbilissi 0105 (métro Liberty Square)

Premier bar à vins naturels de la ville, on peut y déguster des vins de Géorgie (et d’ailleurs). Dégustation de 4 ou 7 vins (15 à 25 GEL soit de 5 à 10€).

 

Marché de Telavi 

Nous avons surtout aimé son marché couvert où l’on trouve une grande variété de fruits et légumes de saison ainsi que des épices, viandes, poissons ou fromages. Ouvert tous les matins à partir de 10h. Idéal pour découvrir les produits locaux !

Ikalto

Véritable havre de paix entouré de cyprès, l’ancienne académie d’Ikalto, située à seulement 8 km de Telavi, vaut le détour. Fondée au VIe siècle par Zénon, ce monastère offrait de nombreux enseignements tels que la philosophie ou encore la géographie. Le poète géorgien Rustaveli y aurait étudié.

Gremi

Autre site remarquable de Kakhétie, le château de Gremi édifié au XVIe siècle par le roi Levan de Karthli. Il offre un vue magnifique sur toute la vallée d’Alazan, entre Telavi et Kvareli.

Autres curiosités

Sighnaghi

C’est une des plus petites villes du pays aussi appelée ville de l’amour. Elle fut construite au XVIIIe siècle par le roi Héraclius II. Fortifiée avec un rempart long de 4 km et 28 tours, elle offre de belles balades comme celle du magnifique monastère de St Nino datant du 9e siècle.

Panorama incroyable sur la route menant du monastère à la vieille ville. Et pour ceux qui aiment les sensations fortes, un stand propose de s’élancer dans les airs à l’aide d’une tyrolienne !

Vardzia

Autre site remarquable situé à la frontière turque, celui de Vardzia. Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2007, cet ensemble monastique troglodytique du XIIesiècle construit sur la montagne Erusheti compte 3000 grottes qui s’étendent sur 500 mètres et pas moins de 19 niveaux ! Un vrai chef-d’œuvre à ne surtout pas manquer !

Notre vidéo

Pour terminer, voici notre vidéo de 3 minutes qui, nous l’espérons, vous donnera envie de découvrir ce pays attachant qu’est la Géorgie : https://youtu.be/vFNHe5R3VjY

 

 

2 Replies to “Géorgie, berceau du vin”

  1. salut Julie, David.

    très content de lire cet article sur la vinification en Géorgie. Quand nous nous sommes vus la 1ere fois (ou plutôt skyper) et discuté de votre projet, je n’avais aucune idée sur le vin en Géorgie, ni même que c’était le plus ancien, avec des méthodes ancestrales !!! J’avais senti une forte attente de votre part pour aller en Géorgie sur la route des vins « anciens », et donc j’imagine combien vous avez profité de ces moments. je découvre donc ce très beau texte et vidéo, sur ces vins. Je regarderai différemment les vins de Géorgie !! (.. et d’Iran, j’ai mon ancienne chef iiranienne – qui me fait aussi l’article).

    Nous étions hier en conseil d’administration de ABM, et j’ai fait l’actu des labélisés. Toute le CA est super heureux de savoir que vous avez repris la route et que le projet de voyage avance et continue vers le Portugal, et l’Afrique de l’ouest, après une démarrage malheureux. Sincèrement, toute le monde était content (j’ai entendu des Haaaa Wouaaaaiiii …) Je vais transférer votre email à tous les membres, pour qu’eux aussi « visualisent » votre voyage.

    Bonne route, bon voyage et keep in touch’ 🙂 Philippe PS : hier, nous avons voté pour un nouveau projet de label. Thibaud et Lola. Pour un voyage à vélo, de 1 an sur la route de la soie, à la rencontre des antennes de la croix/croissant Rouge, avec une dimension sur le développement durable. Bienvenue à eux 🙂

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